Voyage zéro-déchet
Zéro-déchet : mode d'emploi

Obstacles et bonnes pratiques pour un voyage zéro-déchet

Le zéro-déchet à la maison, on commence à s’y faire : achat en vrac, produits cosmétiques solides… les astuces se multiplient et ce mode de vie devient de plus en plus accessible. Mais en lisant des articles sur le voyage zéro-déchet, j’ai commencé à me questionner : comment font-elles ces blogueuses hors-normes pour voyager sans produire de déchet ? J’ai dû louper une étape parce que perso durant mes trois mois de roadtrip en Amériques du Nord et du Sud, j’ai bien été obligée de produire du déchet, et pas qu’un peu parfois ! Du coup, voici mon article sur les obstacles (et les bonnes pratiques) pour un voyage (presque) sans déchet.

Voyage zéro-déchet

Un voyage zéro-déchet : oui mais….

J’ai commencé mon voyage par 4 semaines aux Etats-Unis : De Nashville à la Nouvelle-Orléans en passant par Houston puis Washington DC et les chutes du Niagara. Pour commencer, je vous propose de faire un deal entre nous et de passer gentiment sous silence l’impact carbone des voyages en avion. Oui non parce que rien qu’avec un aller vers les Etats-Unis en avion on a explosé notre quota d’émissions de CO2. Mais bref, passons.

Lorsque l’on arrive sur place, on se confronte au premier challenge du voyage zéro-déchet : l’alimentation.

Obstacle n°1 à un voyage zéro-déchet : L’alimentation

C’est marrant parce que d’un côté, le mouvement zéro-déchet est né aux Etats-Unis (en Californie plus précisément) et en même temps, on n’a jamais vu autant d’emballages que dans leurs supermarchés. Lors de mon roadtrip, mon copain et moi avions décidé de faire des courses pour nous faire à manger sur la route. Plutôt que de rester à un endroit fixe, on voulait bouger et découvrir un max. Et la c’est le bin’s ! Fromage, pain, jambon, fruits… TOUT est emballé. Mais soyons réalistes, quand bien même ce n’eût pas été emballé, je n’avais pas pris dans mon sac à dos mes tupperwares où mes bocaux de toutes façons.

Voyage zéro-déchet

Du coup il a fallu trouver la juste mesure entre des grandes quantités pour éviter les emballages tout en ayant la capacité de conserver les aliments sans frigo à disposition (oui, je n’ai pas pris mon frigo non plus, étonnant non ?).

Je crois que ce qui m’a le plus marquée lors de ce séjour, c’est quand nous sommes allés de Memphis à Bâton-Rouge, le long du Mississipi. Nous avions choisi d’emprunter les “petites routes” pour voir un peu du pays quoi. Quel choc ! En France, nous ne sommes pas habitués à fréquenter des zones très pauvres, alors c’est peut-être juste pour ça que la succession de caravanes visiblement insalubres m’a autant marquée. Dans tous les cas, dans toute cette zone, nous n’avons pas trouvé de supermarché. Du coup, nous nous sommes rabattus sur un Fast Food “Chicken Church”. Vraiment, je vous le recommande ! Même la viande était en plastique en fait, c’est tout juste si les sièges n’étaient pas eux-même jetables d’ailleurs. Mais bizarrement, ce n’est pas la multiplication des déchets qui nous a frappés, mais plutôt le fait de se rendre compte à quel point le zéro-déchet ça peut paraître une préoccupation futile à côté de ce qui se joue ici. Saviez-vous que 85% des femmes noires nées dans un état du Sud seront obèses ? Bref, tout ça pour dire que le zéro-déchet dans le Sud des Etats-Unis, il faut oublier.

Cela étant dit, il y a quand même quelques petites choses que l’on peut prévoir pour éviter les déchets… et les tracas :

La bonne pratique :

  • Avoir ses sacs à vrac pour les fruits et légumes
  • Avoir des couverts et des assiettes en inox pliables, un peu comme ceux que l’on peut emporter en rando où en camping. Ils ne prennent pas de place et nous permettent d’être toujours prêts à déjeuner.

Poursuivons notre voyage en abordant un sujet important : l’hygiène. Loin des clichés des français babacool et légèrement dégueu qui font notre réputation à l’étranger (si, si), nous avions décidé de nous laver régulièrement.

Obstacle n°2 à un voyage zéro-déchet : L’hygiène

Trousse de toilette minimaliste

Trousse de toilette minimaliste

L’hygiène, c’est probablement là où il est le plus facile, le plus pratique et le plus économique de passer au zéro-déchet. Une trousse de toilette minimaliste permet de voyager léger, de toujours avoir les bons produits sur soi et de prendre soin de son corps. Je m’explique.

En roadtrip, on dort dans des hôtels, des auberges de jeunesse où éventuellement en tente. Dans tous les cas, on ne reste jamais très longtemps au même endroit. Il vaut mieux éviter d’avoir des dizaines de produits à sortir tous les soirs.

Voici donc notre trousse de toilette minimaliste et zéro-déchet :

  • Un shampoing solide (utilisé 3 mois – et plus si affinités) : un seul shampoing a suffit pour nous deux pendant tout notre séjour.
  • Un pain de savon d’Alep : Le pain de savon a été vite passé mais pour le coup, il est assez facile de trouver des pains de savon partout.
  • Un déodorant solide : On le mouille, on l’applique et on est tranquille
  • Une brosse à dent en Bambou
  • Un dentifrice solide (Utilisé 3 mois également) : Pas de dentifrice qui coule partout, mais une petite boite en Inox qu’on ouvre et qu’on ferme facilement. Ca dure longtemps, c’est propre et c’est efficace.
  • Des lingettes microfibres : Mesdames, les lingettes en microfibres vous permettent de vous démaquiller avec… de l’eau. C’est ré-utilisable, lavable, écolo et très efficace !
  • Un pot d’huile de coco : Je m’en sers pour tout : hydratation de la peau, des cheveux mais aussi démaquillage. Alors oui c’est du verre, c’est un peu fragile mais pour le coup, un pot m’a fait tout le voyage.
  • Enfin, une cup pour les semaines de règles. La seule contrainte de la cup est de disposer d’une casserole ou d’un micro-onde pour la stériliser avant chaque semaine. Perso j’ai toujours trouvé ce qu’il me fallait et ça m’a bien dépannée.

Avec ce kit, on peut complètement éviter la production de déchet durant son séjour. Attention toutefois à bien prendre une petite boite en inox pour vos cosmétiques solides. En effet, comme ils ont besoin de sécher, il vaut mieux pouvoir les mettre dans leur boîte pour les remettre tout de suite dans sa trousse de toilette. Evidemment, comme je ne suis ni organisée ni dans l’anticipation, je n’en avais pas et ma trousse de toilette a fini par avoir plein de résidus de cosmétiques. Rien de bien grave mais je prendrai mes petites boites la prochaine fois.

Après l’alimentation et l’hygiène, je vous propose de passer à ce qui est pour moi le dernier point de vigilance en termes de voyage zéro-déchet : le tourisme.

Obstacle n°3 à un voyage zéro-déchet : Le tourisme

Lorsqu’on voyage, à priori, c’est pour découvrir une nouvelle culture, un nouveau pays etc. Mais du coup, cela implique d’aller chercher des infos : office du tourisme, musées, animations… Tout cela est source de prospectus en tout genre. Une fois à la maison, on jette tout parce que bon, la carte de parcours français du musée de Buenos Aires, c’est cool mais en vrai on sait qu’on ne la lira plus jamais.

C’est là que l’on se rend compte que le smartphone, c’est quand même hyper pratique. Je me suis rendue compte qu’aux USA comme en Argentine et au Chili, il y a la wifi partout. C’est peut-être parce que la 4G est beaucoup plus chère que chez nous, du coup si un commerce propose la Wi-fi, c’est un vrai service pour le client. Mais bref, il y a la wifi partout.

Donc on arrête de récupérer tous les prospectus, et on télécharge quelques applis bien pratiques qui nous accompagneront tout le trajet :

  • Les essentielles : voyage SNCF (avec la carte voyageur gratuite, on se passe des billets de train papier), RATP, TCL etc.
  • Citymapper : trouver votre itinéraire, qu’il soit à pied, en bus où en métro. L’application est dispo hors ligne et couvre les principales villes d’Europe.
  • Uber ou Lyft : Si vous êtes en amérique (Nord ou Sud), Uber et Lyft seront vos nouveaux meilleurs amis. Au delà de toutes les critiques que l’on peut faire sur ce modèle d’entreprise, grâce à Uber vous pourrez aller partout pour assez peu cher et en toute sécurité. Franchement, lorsque l’on rentre de soirée au petit matin toute seule, on est bien contente de pouvoir appeler un Uber tranquilou de son téléphone 🙂
  • AirBnB et Booking : pour se loger, que l’on choisisse le confort d’un airBnB ou l’ambiance d’une auberge de jeunesse, on trouvera tout ce dont on a besoin sur ces deux applis.
  • WifiMap : une carte avec tous les points de wifi ouverts (et leurs mots de passe) !
  • On pense au whatsapp pour s’appeler gratuitement aussi.
  • Pour les visites, je n’arrive pas à me passer du guide du routard, qui reste une valeur sûre.
  • Pour une visite un peu originale, vous pouvez toujours rejoindre le jeu Ingress, qui compte plusieurs millions d’utilisateurs. Les joueurs sont répartis dans 2 équipes avec un seul objectif : augmenter le pouvoir d’influence de son équipe. Pour cela, il faut capturer des portails et les relier les uns aux autres. Le rapport avec le tourisme ? les portails sont situés sur des lieux d’intérêt : le Louvre, le Taj Mahal…. et on est obligé de se trouver physiquement devant le portail pour le capturer…bref, une façon ludique de découvrir un pays.

Grâce au numérique, il est maintenant complètement possible de voyager et de faire du tourisme sans (trop de) déchet. Cela étant dit, voyager c’est aussi s’ouvrir un peu l’esprit. Il est très important de voyager de façon éco-responsable aujourd’hui c’est certain. Cependant, il faut aussi pouvoir s’adapter à la culture du pays visité, s’autoriser des rencontres, laisser la place à l’imprévu…. au risque de produire quelques déchets au passage.

 

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Bonjour Carole ! Ravie d’avoir ton retour d’expérience sur voyager et limiter ses déchets. Il est clair comme tu dis, qu’en fonction des cultures, c’est bien le dernier de leur soucis, et qu’il faut rester ouvert d’esprit pour accueillir la culture visitée telle qu’elle est, et ne pas juger. Cela dit pour beaucoup de personnes, c’est simplement un manque de sensibilisation. Et en montrant que ça ammène des économies et que c’est facile, les gens peuvent adopter de meilleures habitudes. Alors c’est facile de dire ça hein ^^ Mais la dessus je trouve que la magesse en la matière est… Read more »